Ce que vous devez recevoir, et pas seulement voir
La différence entre un logo utilisable et un logo qui vous bloquera pendant dix ans tient à la livraison. Exigez-la par écrit dès le devis.
- Les fichiers vectoriels sources — .ai, .eps ou .svg — et pas seulement un PNG ou un JPEG. Sans vectoriel, aucun enseigniste ne peut découper vos lettres, et toute nouvelle taille se repaie.
- Une version monochrome et une version en négatif. Votre logo devra un jour être gravé, brodé d'un seul fil ou apparaître en blanc sur fond sombre.
- Les références couleur dans les trois univers : Pantone pour la peinture et le film, CMJN pour l'imprimerie, RVB et hexadécimal pour l'écran. Un rouge non référencé, c'est trois rouges différents sur la façade, la camionnette et le site.
- Une zone de protection et une taille minimale d'utilisation, sans quoi le logo finira collé à un bord ou illisible sur une carte de visite.
- L'acte de cession de droits, signé.
La cession de droits : le point que presque personne ne vérifie
C'est le premier litige du secteur, et il se règle en une clause. En droit français, payer une création ne suffit pas à en acquérir les droits : l'article L.131-3 du code de la propriété intellectuelle impose que chaque droit cédé — reproduction, représentation, adaptation — soit mentionné distinctement dans l'acte, avec son étendue, sa destination, le territoire et la durée.
- Sans acte écrit, le graphiste reste titulaire des droits patrimoniaux, même si la facture est payée.
- Une cession « pour usage web » ne vous autorise pas à le poser sur une façade ni sur un véhicule.
- Le droit moral de l'auteur, lui, est incessible : l'auteur conserve le droit à la paternité de son œuvre, quoi qu'on écrive au contrat.
- Déposer le logo comme marque figurative à l'INPI est une démarche distincte, qui protège l'usage commercial dans les classes désignées — elle ne remplace pas la cession, elle s'y ajoute.
- Nous demandons systématiquement que la cession figure au devis. Nous ne sommes pas juristes et ne rédigeons pas votre contrat : nous vérifions que le sujet est traité au lieu d'être découvert trois ans plus tard.
Refonte ou vectorisation : vous n'avez peut-être pas besoin d'un logo neuf
Beaucoup d'entreprises paient une création complète alors qu'elles ont surtout un problème de fichier. Trois situations, trois budgets très différents.
- Vous n'avez qu'un JPEG flou — le logo est bon, il est seulement inexploitable. Une vectorisation le redessine à l'identique pour une fraction du prix d'une création.
- Le logo a vieilli mais il est connu de vos clients — une refonte le modernise en conservant ce qui vous identifie. C'est presque toujours plus rentable qu'une rupture complète.
- Vous démarrez ou vous changez de métier — là, une création complète se justifie.
Budgets indicatifs
| Prestation | Budget courant | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Vectorisation d'un logo existant | 80 – 300 € | Complexité du tracé, dégradés, nombre de couleurs |
| Refonte d'un logo existant | 400 – 1 500 € | Nombre de pistes, déclinaisons attendues |
| Création de logo, indépendant | 600 – 2 500 € | Expérience, nombre d'allers-retours, étendue de la cession |
| Création de logo, studio ou agence | 2 000 – 8 000 € | Recherche amont, étude de concurrence, présentation |
| Identité visuelle complète avec charte | 1 500 – 6 000 € | Nombre de supports déclinés |
| Dépôt de marque à l'INPI (une classe) | à partir de 190 € | Taxe officielle, hors honoraires de conseil |
Fourchettes constatées sur le marché français. Le prix d'un logo ne se juge pas au dessin mais à ce qui est livré avec : sans fichiers vectoriels et sans cession écrite, un logo à 300 € en coûtera 1 500 le jour où il faudra le faire découper.
